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Chansons pour Enfants

Boris et Natacha, Brouillard, Caravelles, Là où je vais, Il était une fois et cætera, Cache-Cache, Le Petit Tambour- du roi, Le Garçon de la montagne, Feu de bois,... Que de succès ! Que de mélodies qui, depuis plus de trente ans, trottent dans la tête de générations d’enfants et d’adolescents ! Pour peu que l’on ait fréquenté les centres de vacances ou un instituteur qui privilégiait le chant, on a toutes les chances d’avoir un jour interprété une mélodie signée Jean Naty-Boyer. Plus de 400 chansons ! Et malgré cela, simplicité et gentillesse restent ses valeurs constantes.

 

Le père de Ecoutez le guitariste est un pédagogue. Les enfants, il connaît. Instituteur, animateur et formateur dans les mouvements d’éducation permanente, instructeur national de danse folklorique auprès du Ministère de la Jeunesse et des Sports, professeur de musique à l’Ecole Normale de Versailles.

 

Sa carrière débute très fort. Ses premiers disques enregistrés par Serge Kerval.Après plusieurs créations pour différents groupes vocaux (dont les Swingle singers) son premier 33 cm paraît dans lequel on trouve La Flûte indienne, Le Petit Tambour,... C’est J’ai un gros nez rouge dans le premier disque des chansons à gestes. Aujourd’hui, Jean Naty-Boyer collabore avec des éducateurs musicaux italiens suisses et francophones etc.

 

Autour du thème "jouer, chanter, danser", Jean Naty-Boyer anime depuis quelques années Petit bal, une invitation à l’éveil du corps, au dialogue, aux contacts avec l’autre. Les enfants participent, deviennent acteurs de l’animation centrée sur la chanson. C’est un musicien qui vient de loin.

 

Extrait du livre "A PLEINE VOIX" de Bruno Parmentier-Bernage, Les Guides MAGNARD

 

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Jean Naty-Boyer dans la guerre des boutons

Jean NATY-BOYER nous a quittés le 16 février 2013. Il était âgé de 80 ans.

Jean NATY-BOYER était vraiment l’un des pères de la chanson pour les Enfants. Dès les années 1960, il s’est tourné vers le jeune public, plus particulièrement celui des colonies de vacances et lui a consacré presque l’intégralité de son activité d’auteur et compositeur.

La Sacem honore Jean Naty-Boyer, auteur-compositeur de mélodies pour enfants, pour sa carrière qui a marqué plusieurs générations.

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Jean Naty-Boyer a reçu la médaille de la Sacem,

entouré de sa famille à la résidence des Carmes Photo Thierry David

 

 

Assis au piano, il joue l'une des quelque 400 mélodies qu'il a composées. À ses côtés, sa fille Nathalie l'accompagne en chantant. À 78 ans, Jean Naty-Boyer vient de recevoir une médaille pour récompenser ses 50 ans de carrière au sein de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). Originaire de région parisienne, il l'a reçue dans la résidence des Carmes Tiers Temps de Bordeaux, où il vit depuis le mois d'avril.

 

Instituteur, Jean Naty-Boyer a quitté très tôt l'Éducation nationale pour se consacrer à l'écriture de chansons de gestes pour enfants, qui résonnent aujourd'hui encore dans les cours de musique à l'école ou les colonies de vacances. « Cette médaille marque la reconnaissance du parcours de quelqu'un qui a voulu faire rêver les enfants », explique Stéphane Vasseur, délégué régional de la Sacem. « Mieux vaut ça qu'une médaille militaire », ajoute Jean Naty-Boyer avec humour.

 

Au cours de sa carrière, il a travaillé avec Chantal Goya et Michel Legrand et a même fait une apparition dans le film « La Guerre des boutons ». Ses chansons, ses filles Nathalie et Cécile les ont chantées à leurs propres enfants. « C'était son univers et toute sa vie et donc une grande partie de la nôtre aussi. Encore aujourd'hui, dès que je les entends, je m'en rappelle tout de suite. Elles sont faciles à retenir et surtout elles n'ont pas d'âge », résume Nathalie.

 

Journal SUD OUEST Samedi 31 juillet 2010
Par L. G.

 

Tu es reconnu comme l’un des précurseurs de la chanson enfantine…

Je ne me sens pas précurseur. Je me suis engouffré dans un sillage ouvert depuis quelques années par P.G. AMIOT, William LEMIT, Suzanne FRANCOIS, Francine COCKENPOT et bien d’autres.

Que chantaient les enfants avant 1960 ?

On perpétuait le répertoire de DALCROZE, de BOVET (Le vieux chalet), de Maurice BOUCHOR...qui voisinaient avec les classiques et les chants traditionnels (Entre le bœuf et I’âne gris...Noël nouvelet). A l’école, régulièrement, comme pour les poésies, des classiques sélectionnés par la Radio Scolaire (Jean RUAULT) et proposés par la radio et les supports audio (45T/17cm). Et puis les enfants étaient déjà sollicités par les "chanteurs enfants" (Petits Chanteurs à la Croix de Bois) et les petits "prodiges" propulsés par Jean NOHAIN à la télé.

Comment passe-t-on d’instituteur à artiste pour enfants ?

La chance de rencontres exceptionnelles à partir de mon métier d’enseignant à Versailles. La grande "camaraderie" de cette époque m’a permis une formation rapide et très diversifiée dès 1954. J’ai été "happé" par les groupes folkloriques de la Région Parisienne, les chorales et les groupes de danses d’à peu près tout l’hexagone !
Je n’ai été vraiment "chanteur" que bien plus tard (en 1970 !). Mon piano était dans ma classe. Mes élèves de CM1/CM2 (des garçons) étaient fils de militaires ou de gardes-mobiles. Époque merveilleuse quand je disposais de l’aide des musiciens du 5ème RI (tous profs au conservatoire !). Avec mes élèves, nous écrivions des textes collectifs dans lesquels nous piquions quelques phrases qui étaient d’abord chantées sur des motifs extraits de chansons allemandes (pour la plupart) traditionnelles ou classiques, genre Alle Vögel sind schon da ou bien Le tilleul , lied de SCHUBERT. C’est dans la solitude, qu’à d’autres moments, j’inventais d’autres mélodies d’où sortirent mes premiers "lieder" Caravelles, le Mois d’Avril entendus en priorité par mon directeur et ami Charles GARDETTE. Ma première chanson ne fut éditée qu’en avril 1959. Peu après, les amis, Monique BERMOND, Gérard HERZOG, avec lesquels je travaillais à la radio pour l’émission Partons à la Découverte, firent enregistrer la chanson comme générique de l’émission. Par ailleurs, deux 45T/17cm de Serge KERVAL comptaient Où s’en va, Brouillard, Les histoires du temps passé, Feu de bois, Le mois d’avril, Cache-Cache. Je menais de front l’enseignement (jusqu’en 1964) et les activités d’instructeur de danses populaires et d’activités musicales.
C’est pendant un stage de danses populaires dans le Berry en été 1960 que l’on me proposa de participer à l’encadrement des enfants qui tournaient La Guerre des Boutons avec Yves ROBERT dans la région de Rambouillet.
Et tout bascula !

Comment s’est organisée ta carrière ?

Yves Robert, qui avait fait chanter Caravelles aux enfants du film La Guerre des Boutons, m’a adressé à son ami le chanteur populaire Francis LEMARQUE. Ce fut une grande et longue amitié et j’en fus transformé définitivement. On était en 1962 et j’étais souvent dans les cabarets du quartier Mouffetard ; on y entendait Bobby LAPOINTE, Anne SYLVESTRE, Ricet BARRIER et bien d‘autres... C’était une bonne école !
Bref, il fallait prendre des distances avec certains inspecteurs.
Impulsivement, j’ai donné ma démission et j’ai connu alors la vraie condition du saltimbanque privé de sécurité sociale mais riche en projets. Mes chansons avaient conquis les Éclaireurs de France, l’UFCV, la télé.
En 68, j’étais très actif dans les Centres UCPA (mer, montagne) dans le cadre des rencontres "Connaissance de la France" avec des jeunes français et des étrangers. C’est dans ces ambiances que j’ai commencé la longue collection "Chants et Rythmes" qui a donné Noël de France, puis Vous connaissez le chemin et en 1970 Boris et Natacha. La chanson L’enfant et la fleur marqua franchement mon engagement "nature" et suivait de peu La flûte indienne...

Feu de bois. Boris et Natacha. Caravelles . J’ai un gros nez rouge et tant d’autres. Que de succès ! Comment expliques-tu cette reconnaissance ?

Sur les 400 chansons environ, la plupart collaient à l’actualité. J’ai eu, de plus, la chance de côtoyer beaucoup de talents. Ils m’ont permis d’avoir cette forme de romantisme qui a fait le succès de ces chansons emblématiques.
Feu de Bois répondait à un besoin dans les colonies de vacances. Boris et Natacha est apparu pendant l’époque kazatchok. Ces chansons ont touché les enseignants, les animateurs et les enfants car elles avaient la même couleur que les chansons de variété d’alors (celles de Hugues AUFFRAY, entre autres).

En quoi consiste ton activité aujourd’hui ? Et quels sont tes projets ?

Mes projets pour cette année sont modestes et ambitieux. Fin mai 2000 : une tournée en Lozère sous l’égide de l’Inspection Académique de la Lozère, avec mon ami CPEM Henri MOUYSSET. Créations de chansons sur des thèmes de Jean NATY-BOYER, concerts avec des enfants chanteurs et instrumentistes des écoles. Et des Petits Bals chantants. Le thème de cette longue fête est "Pays et paysages. C’est passionnant.
Pas de projets de disques nouveaux, mais pourquoi pas ? Par contre, je participe avec plaisir à des éditions de qualité (livres de lecture Hachette, Istra, Bayard, Hatier, Nathan, et d’autres partenaires ADDIM, OCCE Calvados et... Farandole) en donnant des autorisations de reproduction d’oeuvres.

Merci, Jean.

Entretien avec Bruno PARMENTIER-BERNAGE pour la revue pédagogique musicale Farandole - Association Arpèges